Sur quoi se baser pour choisir les bonnes couleurs ?

L es calques de couleur unie se révèlent très pratiques pour la recherche graphique. À tout moment vous pouvez modifier une couleur et voir si elle va mieux avec les autres.

L’avantage des calques couleurs étant de garder au propre chaque application de couleur, on les repère rapidement dans notre palette des calques. La modification de l’une des teinte entrainant automatiquement la modification de chaque bouts du dessin utilisant cette teinte. Vous avez à la figure suivante des variantes de colorisation.

Rien ne vous choque ? Cela va un peu trop loin dans les couleurs… Peut être voyez-vous déjà pourquoi, si ce n’est pas le cas, vous allez découvrir dans ce chapitre comment choisir au mieux vos couleurs !

Comme je le disais plus tôt, ce sont vos capacités artistiques et votre sensibilité qui vous guideront dans l’harmonie des couleurs. Bien que vos choix soient souvent inconscients (et ancrés en vous grâce aux nombreuses heures de pratique et d’observation), il y a néanmoins certaines considérations sur le choix des couleurs qui peuvent vous aider à harmoniser vos palettes.

Généralement quand on débute, on tombe tous dans le même panneau : trop de couleurs différentes dans une seule image, et trop de différence dans les couleurs choisies. Comme je le disais précédemment : « L’erreur du débutant est toujours de commencer par des choses trop complexes » . La simplicité a du bon, elle est plus accessible et elle délivre un message clair et sans ambigüité au lecteur de votre image.

   

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Une palette de couleur limitée

Simplifiez ! Si dans votre dessin deux objets ont besoin d’être bleus, utilisez le même bleu pour les deux. Gardez un choix de couleurs limité et utilisez-les au mieux. Plus il y a de couleurs, plus il est complexe de les harmoniser. Si vous avez besoin d’une autre couleur, posez-vous bien la question de savoir si elle est nécessaire ou non.

Amusez-vous à comparer les deux images de la figure suivante. Là où la première semble unifiée, un tas de petites choses dérange le regard sur la deuxième. Ce sont simplement des couleurs en trop.

Un autre exemple à la figure suivante, avec en 1er l’image d’origine, ensuite une version disposant d’une plus grande palette de couleur. Et encore, l’exemple reste simple, imaginez dans des compositions plus complexes à quel point il est rapide de mettre trop de couleurs.

Comme vous pouvez le voir à la figure suivante. Les couleurs sont appliquées avec un souci d’économie. La même couleur revient pour plusieurs éléments, comme la couleur de la grenouille et les plantes en premier et en arrière-plan. Ou encore, la couleur des pieds de la grenouille avec les nageoires du poisson et les fleurs de lotus.

D’ailleurs, avez-vous remarqué comme la couleur claire servant à colorer l’ordinateur portable et les cailloux paraît bleu posé sur une surface blanche ? Un bel exemple d’à quel point notre perception des couleurs change suivant l’environnement immédiat.

Notre cerveau fonctionne par contraste, une même couleur ne sera pas vue de la même manière suivant les couleurs qui sont à coté d’elle. Parfois elle donnera l’impression d’être plus claire, plus foncée, ou tirant plus vers le bleu ou le jaune.

Ainsi, même avec une palette limitée de couleurs, en jouant des placements de couleur et des contrastes, vous obtenez une image donnant l’impression de posséder plus de couleurs qu’elle n’en a réellement.

Se créer des limites comme ici dans le choix des couleurs n’est pas aussi handicapant qu’on peut le penser. Vous pouvez prendre la métaphore du petit bain en piscine. Avoir des limites vous permet de devenir plus rapidement à l’aise dans cet espace et amène votre créativité à s’exprimer davantage.

À mesure de vos progrès, vous serez à même d’utiliser plus de couleurs dans une seule image car vous aurez l’intuition, le savoir-faire pour les placer correctement. Et encore, ce n’est pas toujours utile. La simplicité à du bon, elle repose les yeux ! Tout dépend donc des besoins de votre image.

Il y a une certaine logique dans le placement de couleur. Par exemple en fonction de la profondeur de l’image, en plaçant des couleurs plus dé-saturées dans le fond et en gardant les couleurs plus saturées pour le personnage principal afin d’attirer le regard vers lui. De même en donnant plus de couleurs différentes aux personnages principaux afin de créer du contraste et de la complexité qui va aider à attirer le regard sur eux. L’exemple à la figure suivante :

À votre avis, dans cette composition abstraite sur quoi glisse le regard et sur quoi s’attarde-t-il ? La zone complexe évidemment ! Alors que la première vignette nous laisse le choix de vagabonder dans l’image, la seconde monopolise notre regard sur le cercle aux motifs carrés. On y peut rien, notre cerveau fonctionne ainsi, il est attiré par la complexité et le contraste.

Amener davantage de couleur contribue aussi à donner plus de dimension à votre image. Avec plus de contrastes il y a plus de plans différents car chaque couleur occupe si l’on peut dire, son espace propre. Difficile avec peu de couleurs d’imaginer qu’elles se trouvent à des distances différentes. C’est ce qui arrive à la figure suivante, où j’ai réalisé un monochrome bleuté.

Comme vous pouvez le voir, pas besoin de « savoir dessiner » pour jouer avec ces principes. Quelque soit votre niveau actuel en dessin, vous pouvez dès maintenant les utiliser consciemment dans vos images. Au-delà de l’aspect esthétique du dessin, c’est jouer avec ces principes que signifie réellement le fameux savoir dessiner, ou plutôt : comprendre le dessin. Que vous soyez en traditionnel ou sous un logiciel comme Photoshop, ce sont les mêmes bases.

Dans votre ajout d’une couleur prenez soin qu’elle se trouve également ailleurs dans l’image, à moins que vous ne souhaitez attirer l’œil que sur cette seule couleur, comme avec le poisson jaune. Ou encore si la zone est suffisamment large pour s’imposer d’elle-même, comme la mare d’eau, elle peut ne pas avoir nécessairement besoin de se retrouver ailleurs. Voici le genre de considérations à prendre en compte pour avoir une palette limitée de couleur, il y a ensuite un autre point.

Des couleurs de même ambiance

Tout comme un peintre choisi une palette de couleur limitée. On peut aussi choisir un spectre de lumière limité dans lequel puiser nos couleurs. Cela va vous permettre d’harmoniser votre palette et de faire en sorte que les couleurs fonctionnent ensemble. Elles s’harmonisent car elles présentent des caractéristiques communes (une luminosité similaire, une teinte de couleur ou un degré de saturation.)

Vous rappelez-vous l’image en début de chapitre, où je disais que ça allait trop loin dans la couleur ? Vous savez maintenant pourquoi, les couleurs appartenaient trop souvent à des zones lumineuses trop différentes. Vous pouvez en faire l’observation à la figure suivante.

Du trop clair à coté de couleurs trop foncé, des couleurs trop prononcées à coté d’autres grisées, du rouge flashy, du vert flashy …

Le pire c’est quand on choisit des couleurs trop différentes et qu’on en choisit également trop. Comme vous pouvez le voir sur la vignette de la figure suivante, un bon gros gloubi-boulga de couleurs.

Autre exemple à la figure suivante, avec la scène aux nénuphars, où trop de différence crée trop de tension dans l’image.

L’œil est stimulé par chacune des couleurs et ne sait plus où regarder. Des couleurs trop différentes excitent le regard à outrance et nous détournent alors de la composition générale. Pour éviter les images bigarrées, il faut savoir privilégier une ou quelques différences plutôt que de tout placer dans une seule image.

Moins de couleurs permet d’harmoniser les formes de l’image, si des formes différentes sont de même couleur, elles seront rangées par le cerveau en un seul ensemble. La couleur permet donc de reposer l’œil en reliant les formes entre elles. À la figure suivante, la colorisation originale mise à coté de celle piquant les yeux.

Il est intéressant de noter : combien plus de couleurs amène plus de contraste et donc de plans différents, accentuant ainsi la perspective de l’image. Là où la version classique paraît bien plate en comparaison.

De telles vignettes colorées sont fréquemment utilisées pour élaborer l’ambiance d’images de film d’animation, tels que dans les indestructibles de Pixar.

Vous avez désormais en main les connaissances, pour reprendre vos colorisations sur de meilleures bases !